24/06/2017 Commentaires fermés sur

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Apparition du sauvage

17/06/2017 Commentaires fermés sur Apparition du sauvage

Mois de mai. Déjà, la chaleur est oppressante, l’air lourd. Nous sommes ce dimanche à la frontière de l’Aspre, contrefort du Canigó, où prend sa source la rivière Ample que nous longeons. Les dernières pluies ont été abondantes et l’exubérance végétale est telle que l’on n’aperçoit plus son cours.
Le vert est omniprésent en ce printemps, vert et bleu du ciel, couleurs voisines dans le spectre. On pourrait s’en réjouir, il y a probablement dans nos cerveaux une faim de telle ou telle longueur d’onde, un appétit pour telle ou telle couleur. Ici, impression d’enfer vert, la végétation prolifère lentement, subrepticement, en ces terres de déprise agricole. La forêt vue de loin, — du point de vue des citadins, semble hospitalière : vue de l’esprit ou depuis le canapé. Ici même, les environs autrefois exploités se transforment en taillis inextricables. Une seule pâture existe encore, elle semble menacée de toutes parts par cette sylve.
Toutes les nuances sont représentées du vert tendre des nouvelles feuilles au vert permanent, sombre, des cyprès. La langue s’épuise à décrire la couleur comme d’ailleurs tout le sensible, ce dernier s’éprouve et peut être ne faut-il que le goûter en silence et le laisser au fond de nos boîtes crâniennes. C’est cependant le rôle de l’écriture de tenter de rendre cela et, même si c’est une recréation, la vérité sera peut-être là, saisie dans les rets d’une phrase.
À gauche de ce chemin de terre le long du lit de l’Ample,  le flanc du relief montre déjà une flore méditerranéenne : cystes, figuiers de barbarie, à droite un vieux mas en proie à une houle de végétation. Je marche. Soudain, quelque chose s’est passé, est passé : un renard. Ce n’est qu’au bout de quelques secondes que je peux nommer ma perception, saisi par l’épiphanie furtive de cet animal. Éclair roux dans le vert. Contraste couleur salvifique pour ma rétine et pensée, après-coup, de l’écart entre le tintamarre humain et le silence du sauvage.

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